Stéphanie Fischer, auteure axée sur la résilience

Stephanie Fischer« Ce livre est né d’une révolte, d’un désir de faire quelque chose d’utile de ma souffrance. »

Dans Coupable d’être victime, la poétesse suisse native de Presinge met son talent au service des autres.

Victime d’un réseau pédophile à un jeune âge, elle souffrira longtemps du syndrome de stress post-traumatique. Pourtant, Stéphanie Fischer ne cherche pas à s’apitoyer sur son sort, ni à souligner l’aspect dramatique de cette épreuve : elle préfère essayer de faire de son expérience quelque chose d’utile, pour sensibiliser ses lecteurs. « Je voulais à la fois mettre en avant les conséquences de la souffrance, et montrer ce qu’on peut faire de notre vécu. »

« Lorsque les souffrances ne sont pas reconnues dans l’enfance, explique-t-elle, les conséquences peuvent se payer des années plus tard. » Elle parle d’un engrenage de souffrance, de tabous, d’isolement – puis d’espoir, de guérison, en passant par le dialogue.

Pour cela, il faut vaincre le silence. « Les victimes dérangent, car elles symbolisent l’insoutenable. Elles sont une constante piqûre de rappel de ce que l’être humain tente – afin de se protéger – de nier de toutes ses forces. »coupable victime

Pourtant, il ne faut pas nier la douleur des victimes. « Il est fondamental que l’on reconnaisse leurs souffrances. Une victime qui n’est pas considérée doit se débrouiller seule. » Cela peut être lourd de conséquences. « Tôt ou tard, parfois des années après, cette souffrance ressort de manière extrêmement violente. »

Le livre s’adresse à la fois aux victimes et à leur entourage, souvent démuni face à un traumatisme qu’ils ont du mal à comprendre.

« C’est difficile d’en parler tant que les victimes ne sont pas mieux reconnues. Je me bats pour qu’on en parle davantage, pour que les gens soient moins dans la peur et le déni face à ces sujets délicats. »

Ce combat, elle le livre à l’écrit dans Coupable d’être victime.

« J’avais déjà une passion pour les mots, la poésie, les textes de chanson française. Ce livre est une autre démarche. Jusqu’ici, je livrais mes maux par bribes essentiellement à travers des poèmes, avant d’être capable de témoigner, d’informer. »

Stéphanie Fischer a trouvé son moyen d’expression, et elle se livre corps et âme dans ce récit. « J’ai écrit ce témoignage pour venir en aide aux autres victimes, pour leur entourage, et également pour moi-même comme une forme de réparation. »

Coupable d’être victime, aux éditions Favre.

http://www.sf-gs.com/

propos recueillis par Elodie Olson-Coons

Discussion 1 Comment

  1. Jean-David Christinat says:

    Bonjour, j’ai également été victime de pédophiles. Je ne vais pas rentrer dans les détails, ce n’est ni le lieu ni le moment. J’ai lu le témoignage de Stéphanie Y. Fischer. Ce livre m’a ému. Cette femme est une perle rare. Je vous recommande à tous, que vous soyez victime d’abus psychiques, physiques, etc… ou pas … de lire ce livre poignant.

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