J’aime ma planète

Il est des périodes propices aux rapprochements, aux échanges. Dans nos contrées, la fin de l’année, souvent froide et grise, semble être celle que nous privilégions. Bien sûr, les traditionnelles Fêtes de Noël et de la Nouvelle Année, en restent le fleuron, cependant, elles sont loin d’être les seules, et nombre de fondations ou d’associations organisent leur soirée annuelle également à la fin de l’automne annonçant l’hiver. Ces événements offrent la possibilité aux personnes sensibilisées par les actions de ces structures de se rencontrer, tout en partageant un moment convivial, généralement articulé autour de la présentation du travail d’un artiste dont les valeurs résonnent avec l’esprit animant les causes défendues.

En ce vingt décembre 2016, alors que la nuit est déjà tombée, je dirige mes pas vers le Grütli afin d’assister au dixième anniversaire de l’association J’aime ma Planète. Engagée pour la protection de l’environnement et la promotion d’un mode de développement durable, elle se focalise sur la pédagogie, sensibilisant les enfants de trois à seize ans aux problématiques liées à l’environnement, en proposant des activités à l’école, dans les maisons de quartier, sans oublier sur le terrain, soit dans la nature ! Basées sur la valeur universelle du respect de soi, des autres et de l’environnement, les activités représentent des moments précieux de découvertes, mais également de prises de conscience pour ces jeunes qui, à terme, prendront en charge notre avenir et celui de la planète. L’association affiche clairement sa volonté en axant prioritairement ses programmes sur l’éducation bienveillante. Catherine de Noyelle, directrice générale de J’aime ma Planète insiste : « Apporter du positif tout en donnant confiance à la jeunesse me semble primordial ».

Olivier Föllmi en bonne compagnie.

J’avoue sans peine que cette invitation m’a tout particulièrement émue, d’une part parce que le sujet m’est cher et d’autre part, le parrain de la soirée n’est autre qu’Olivier Föllmi, dont le travail nourrit mes yeux et mes rêves depuis des décennies. Son film retraçant son parcours de photographe, mais aussi d’homme, figure au programme : Fleuve Gelé, Fleuve de Vie. Sa présence est loin d’être le fruit du hasard. Catherine de Noyelle me confie également que ce choix s’articule autour de deux axes : « Tout d’abord, l’approche respectueuse et sensible d’Olivier, mettant au centre les êtres humains dans ce qu’ils ont de plus touchant, à savoir leur intégrité, fait écho à l’esprit de l’association. Ensuite, la célébration d’un anniversaire représente une occasion unique, et nous tenions à mettre en avant le travail d’une personne de la région, partageant nos valeurs de solidarité, tout en agissant pour un monde meilleur sur le terrain ».

Mais l’heure tourne, les premiers spectateurs arrivent. L’exposition « La forêt, une communauté vivante » de Yann Arthus-Bertrand, tapissant les parois de la cage d’escaliers, les accompagne et donne le ton. Les brochures explicatives de l’association « J’aime ma Planète » complètent le panorama. Sans oublier les informations pratiques sur le vestiaire et le vin chaud, tout se met en place. Olivier Föllmi se fraie un chemin tout en discutant ça et là avant d’installer la table sur laquelle ses dédicaces fleuriront. Le vin chaud d’Anne, gérante du restaurant du Grütli, est apprécié, de même que le jus de pomme chaud à la cannelle dont je ravis mes papilles. Les orateurs étant tous présents, Catherine de Noyelle invite l’assemblée à prendre place. On termine les conversations pendant le réglage du micro, puis, une écoute attentive se propage.

En introduction, un texte revenant sur les dix premières années de l’association, ses accomplissements aussi bien que ses projets, et rédigé par la fondatrice Patricia Defauw est lu par Tony Gomez, vice-président.

Catherine de Noyelle avec Jean Michel Bugnion, député et membre du comité de J’aime ma planète.

Catherine de Noyelle lance une petite vidéo détaillant les actions menées, les thèmes abordés (forêts, énergies, mobilité…), de même que le formidable défi représenté par l’intégration de l’association à la Fondation for Environmental Education (FEE), avec notamment son programme Eco-Schools, déjà lancé dans une dizaine d’écoles pilotes sur les cantons de Genève et de Vaud depuis septembre 2016. L’association s’agrandit : la création de deux antennes, une sur Vaud et une en Suisse alémanique est prévue cette année. Tout un programme!

Bertrand Favre, Conseiller administratif du Grand-Saconnex, et responsable des forêts au sein du Canton de Genève, salue la collaboration de J’aime ma Planète avec ses écoles, tout autant que le travail effectué lors de l’exposition sur les arbres. Celle-ci recevant un excellent écho de la part des écoles, mais également du grand public auquel elle était accessible.

Sean Power, président de l’Association Genevoise des Ecoles Privées, l’AGEP, et directeur général de l’Institut Florimont, évoque la valeur ajoutée du programme Eco-Schools et sa volonté de l’implanter rapidement.

Enfin, Jacques-Simon Eggly, homme politique et membre du comité de la Fondation Montagu, organisme qui participe au financement de l’association, mais aussi à ses activités, passe en revue le bilan très positif de 2016 et renouvelle sa confiance pour l’année qui s’ouvre.

Olivier Föllmi

Vient ensuite le tour d’Olivier Föllmi. Il monte sur la scène et commente les clichés de sa rencontre avec le fleuve Zanskar, situé dans la plus haute vallée peuplée de l’Himalaya au dessus de 4 000 mètres d’altitude, tournant déterminant de sa vie. Ce serpent gelé sublime et terrifiant constituant le seul lien, dangereux, l’hiver, pour les habitants de cette région reculée et recluse. Peu l’empruntent, car le péril est grand. Olivier se lancera dans l’aventure plusieurs fois, notamment pour accompagner des enfants, Motup et Diskit, au Ladakh afin qu’ils puissent y recevoir une éducation. Tous deux deviendront les siens et il les accompagne encore aujourd’hui.

Je ressens à l’entendre tout l’amour qui l’anime, qui le porte et je comprends le tiraillement entre progrès et respect des traditions qu’il évoque à propos de la scolarisation des enfants, ou de l’installation d’un dispensaire médical. Oui, je le comprends, et je vois les écueils pouvant en découler, pourtant, aujourd’hui, notre « modernité » ne semble pas avoir entaché la région. La mortalité infantile a diminué considérablement, les enfants scolarisés s’ouvrent sur le monde, l’isolement n’est plus si pesant. Serais-je trop optimiste? C’est ce que je ressens. On ne peut pas tenir rigueur à des peuples lointains de vouloir bénéficier du progrès que nous avons d’abord créé pour nous-mêmes, sous prétexte de les voir conserver leur authenticité. Cela voudrait dire que sous nos latitudes, nous avons perdu la nôtre parce que les enfants ne travaillent plus dans les champs pendant les grandes vacances ou que les femmes votent ! Tant pis si le touriste ne s’y retrouve pas chez nous, alors pourquoi devrait-il en être autrement dans des contrées lointaines?

Olivier Föllmi assume son discours résolument optimiste. Ces voyages ont généré de belles rencontres, même si certaines personnes croisées pouvaient se trouver dans des situations de détresse. Ce n’est pas en colportant des discours fatalistes que l’on parvient à fédérer les opinions, les cœurs pour collaborer à un monde meilleur. Ma petite âme entre en résonnance et se dit qu’elle a bien raison de faire fi des commentaires qui parfois l’accablent : « Tu es trop naïve », « Les Hommes ne pensent qu’à l’argent », « Tu rêves… ».

Mousse de tofu soyeux au chocolat.

Le merveilleux buffet local, végétarien/végan préparé par Anne et son équipe achève de me convaincre. On peut s’impliquer dans un bel esprit tout en respectant la nature, les animaux, le goût et le plaisir des yeux! Ma gourmandise navigue de champignons farcis en tempura de légumes pour finalement rencontrer une mousse de tofu soyeux au chocolat qui me fend le cœur!

Semer la graine du changement, selon le slogan de J’aime ma Planète, c’est aussi aiguiser un autre regard sur le monde, changer de perspective. Chérir une attention tournée vers le prochain aussi bien dans son altérité que dans sa différence, car nous devons œuvrer ensemble pour que les défis auxquels nous faisons face puissent être surmontés harmonieusement, et non au détriment des trois quarts de la planète. Alors, semons tous des graines à notre échelle, et observons avec délectation la beauté du jardin que nous aurons à cultiver !

Aimons notre planète!

Pour vous aussi vous impliquer à petite ou à grande échelle, dans le financement des nombreux projets éducatifs de l’association, voici toutes les coordonnées nécessaires :

Info:
J’aime Ma Planète
 8, Cours des Bastions
 1205 Genève
 T : 022 784 30 25
 E : catherine2noyelle@jaimemaplanete.name
 W : http://www.jaimemaplanete.name
Tony Gomez, vice-président.
Sean Power, président de l'Association
                Genevoise des Ecoles Privées, l'AGEP, et directe.ur
                général de l'Institut Florimont
Sean Power, président de l’Association Genevoise des Ecoles Privées, l’AGEP, et directeur général de l’Institut Florimont.

 

Jacques-Simon Eggly, homme politique et membre du comité de la Fondation Montagu.
Bertrand Favre, Conseiller administratif du Grand-Saconnex, et responsable des forêts au sein du Canton de Genève.

Par Natacha de Santignac

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