Interview : Anne Emery-Torracinta candidate socialiste au Conseil d’Etat

Interview – La campagne pour siéger à l’exécutif de notre canton est désormais lancée. Notre mission –et nous l’acceptons- est désormais d’informer nos internautes sur ses enjeux politiques, et quel meilleur moyen que d’aller à la rencontre des postulants ? C’est dans le cadre de cette série de rencontres que la candidate au Conseil D’État,Interview : Anne Emery-Torracinta , a répondu aux questions de la rédaction du Grand Genève Magazine.

Par Hilda Lindenmeyer
Interview : Emery-Torracinta Anne  candidate socialiste au Conseil d’Etat

Interview : Emery-Torracinta Anne candidate socialiste au Conseil d’Etat

Grand Genève Magazine – Pour nos internautes qui ne vous connaîtraient pas, pourriez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre parcours ?Pourquoi avoir décidé de vous présenter à ces élections ?
Anne Emery-Torracinta – Quand j’avais 10 ans, ce sont les événements de Mai 68 et la médiatisation de la famine au Biafra qui ont déclenché ma prise de conscience. Adolescente, je me suis engagée au WWF, puis j’ai créé un groupe de jeunes agissant en faveur des pays du Sud et contre l’apartheid. Cet engagement s’est prolongé durant mes études et c’est tout naturellement que j’ai adhéré au PS en 1984. Jeune mère, j’ai privilégié l’action au niveau communal et associatif, plus facilement compatible avec une activité professionnelle et trois enfants, dont une fille handicapée ! Je me suis aussi toujours beaucoup engagée au sein d’insieme-Genève, l’association de parents et d’amis de personnes mentalement handicapées. Ma fille devenue adulte, j’ai pu reprendre la présidence de l’association, puis me présenter au Grand Conseil où je siège depuis 2005. J’ai notamment occupé le poste de cheffe de groupe et je siège actuellement en tant que présidente de la commission des finances et vice-présidente de celle des affaires sociales. Me présenter au Conseil d’Etat est donc dans la suite logique de mon parcours : agir pour changer les choses !

Quels sont vos axes prioritaires, les dossiers majeurs que vous comptez défendre si vous êtes élue ?
Parmi les enjeux majeurs, l’emploi et l’éducation me tiennent particulièrement à cœur. En effet, j’aimerais faire de la lutte contre le chômage une priorité du gouvernement. Le chômage n’est pas une fatalité et il n’y pas de raison que Genève fasse figure de mauvais élève par rapport au reste de la Suisse. Nous devons prendre conscience qu’en faisant régresser le chômage, nous diminuerons naturellement les charges de l’Etat. Quant à l’importance de la formation, je vais vous donner un cas concret. Nous constatons que chaque année, environ 20 % de jeunes n’obtiennent pas de certification secondaire. Ces jeunes sortent du système, pratiquement sans autre alternative que le chômage ou l’aide sociale. Au-delà du problème humain que cela engendre, cela coûte très cher aux collectivités publiques. C’est pourquoi j’ai pour objectif de tendre vers 100 % de diplômés pour cette frange de jeunes, qu’il s’agisse de CFC, de maturité ou de tout autre type de certification, et ce afin qu’ils puissent intégrer le marché du travail et s’insérer dans la société. Pour cela, il faudra revaloriser la formation professionnelle, mieux orienter les élèves à la sortie du Cycle d’Orientation et se donner les moyens de proposer d’autres solutions de formation pour ces élèves qui quittent le système sans certification.

Pour venir à bout du chômage, vous mentionnez des mesures en amont et en aval, pourriez-vous développer?
Pour ce qui est des mesures en aval, il doit s’agir d’abord d’un soutien personnalisé et individuel aux demandeurs d’emploi : tous n’ont pas les mêmes besoins. Il faut donc revoir la prise en charge des personnes au chômage, notamment en réorganisant le travail de l’Office cantonal de l’emploi. Autre exemple : lors des travaux parlementaires qui ont abouti à la suppression du RMCAS (Revenu Minimum Cantonal d’aide sociale), j’avais proposé et obtenu la possibilité d’une allocation cantonale de formation pour les demandeurs d’emploi qui en auraient besoin pour pouvoir suivre une formation à long terme, de façon à leur permettre de trouver ensuite un emploi durable. Malheureusement, cette allocation n’est quasi pas utilisée aujourd’hui. En amont, maintenant, je propose que nous soutenions les entreprises, notamment les PME dans leur recherche de financement. Les banques prêtent difficilement à des entreprises qui font leurs premiers pas. L’Etat a déjà mis en place une structure comme la FAE, mais on peut faire plus et mieux, sachant que chaque nouvelle entreprise crée à son tour de nouveaux postes de travail.

Un exemple concret ?
Je peux vous proposer à titre d’exemple une autre solution concrète que nous, socialistes, avons proposée au niveau communal : accorder une participation financière de la commune aux salaires des apprentis. Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de rester en contact avec les entreprises afin de pourvoir à leurs besoins.

Mais ceci entraînera des coûts substantiels?!
Le gouvernement actuel a investi prioritairement dans la sécurité, ce qui correspondait à une attente d’une partie de la population. Le prochain gouvernement devra avoir comme priorité l’emploi et la formation Pour venir à bout du chômage, nous devrons faire preuve de lucidité et de créativité. L’aide sociale coûte plusieurs centaines de millions de francs à Genève chaque année et elle augmente continuellement. Mettre les moyens nécessaires dans la formation et dans la lutte contre le chômage, c’est donc investir pour l’avenir et, à terme, réaliser des économies ! C’est d’autant plus important que la question financière sera l’un des enjeux principaux de la prochaine législature et que je m’engage à défendre des finances publiques équilibrées et un Etat à même d’assurer des prestations publiques de qualité répondant aux besoins de la population.

N’y a-t-il pas un trop grand nombre de travailleurs frontaliers à Genève ? En réservant les postes de travail aux Genevois, ne pouvons-nous pas imaginer faire baisser le chômage ?
Ne nous leurrons pas ! C’est vrai qu’à Genève, la concurrence sur le marché du travail est vive. Quoi qu’il en soit nos accords avec nos voisins européens ne nous permettent pas de fermer la frontière aux travailleurs transfrontaliers. De plus, dans certains secteurs, que ferait Genève sans les travailleurs frontaliers ?! Je pense, par exemple aux HUG, aux EMS et aux institutions pour personnes handicapées. Outre les mesures dont j’ai parlé précédemment, il faut donc plutôt encourager les entreprises à engager prioritairement des chômeurs, améliorer le fonctionnement de l’Office cantonal de l’emploi, se battre contre le dumping salarial et augmenter les contrôles pour s’assurer que les entreprises respectent les conditions de de salaire et de travail.

Quelle est votre vision du Grand Genève ?
Par exemple, si on se réfère à votre projet, vous évoquez d’instaurer « un véritable parlement transrégional afin de faciliter la résolution des problèmes de la région », pourriez-vous nous en dire davantage ? J’ai constaté sur le terrain que la construction de l’agglomération échappe aux élus des parlements. L’idée d’un parlement transrégional, c’est d’avoir à terme une instance démocratique et transparente constituée de représentants du peuple avec un pouvoir décisionnel. Bien que les modes de fonctionnement soient différents des deux côtés de la frontière, j’ai constaté toutefois une volonté de collaborer des uns et des autres.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux internautes du Grand Genève Magazine ?
Genève est face à de nombreux enjeux. La prochaine législature s’annonce donc essentielle pour assurer un développement durable de notre canton, tant au niveau économique, social qu’environnemental. À nous donc, cet automne, de faire le bon choix !

Parcours express

Interview : Emery-Torracinta Anne  candidate socialiste au Conseil d’Etat

Interview : Emery-Torracinta Anne candidate socialiste au Conseil d’Etat

1958 : naissance à Genève
1968 : vit à Paris
1976 : maturité
Dès 1978 : enseignante d’histoire
1981 : mariage avec Pascal
1982 : naissance de Delphine, puis de Clément (1984) et Valentin (1989)
2005 : entrée au Grand Conseil
2012 : candidate au Conseil d’Etat lors de l’élection partielle
2012-2013 : présidente de la commission des finances
2013 : candidate au Conseil d’Etat

 

Discussion 1 Comment

  1. Bonjour madame , je serais heureux de vous recontrez, votre parcours politique vous honore et vos actions sont digne d’intérêt .
    J’ai travaillé il y a quelques années à la Présidence de l’état en qualité de journaliste collaborateur de notre regretté Michel Bettig
    Dans le plaisir de vous rencontrez à votre convenance veuillez agréer cher madame
    Mes respectueuses et cordiales salutations

    Sylvain Nahum Délégué Consulaires des expatriés Français de Geneve.

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