Carré d’Artistes : Michaël Perruchoud

Michaël Perruchoud, par Charly RappoAuteur de dix romans et d’un recueil de poèmes, fondateur de la maison d’édition Cousu Mouche, chanteur du groupe Ostap Bender, et… père de famille, Michaël Perruchoud met sa casquette d’écrivain pour nous raconter ses projets. 

Comment avez-vous commencé à écrire ?

Ce que je raconte souvent, c’est que quand je n’aimais pas la fin des Bibliothèques Roses, j’enlevais les dernières pages et je les réécrivais – j’ai retrouvé des feuillets qui doivent dater de mes 7 ou 8 ans. 

Je ne me suis jamais dit : je commence à écrire, ça a toujours relevé de l’évidence. 

Vous avez une méthode de travail particulière ?

Souvent c’est le livre qui décide. Parfois, j’ai besoin d’un plan, j’ai besoin de voyages… mais il arrive que les choses viennent très instinctivement. Je n’ai jamais eu de méthode qui fonctionnerait toujours. 

J’ai été quelqu’un qui écrivait énormément le soir et la nuit, qui écrivait dans les bistrots.

Maintenant je suis père de famille et j’ai beaucoup moins de temps pour ça, donc je suis devenu un écrivain du wagon-restaurant des CFF. On s’adapte. 

Vous aussi, vous aimez écrire dans les trains ?

Je connais les trajets, donc je n’ai plus trop besoin de regarder par la vitre. J’ai mon café, j’ai le cahier ouvert – je dois être le dernier fou qui fait ses premières versions à la main – j’ai le téléphone éteint, je suis seul avec mon livre. 

Quel est votre rapport avec la Suisse ?

Je suis né à Genève, et j’y ai habité jusqu’à 35 ans. En bourlinguant, oui, mais en conservant toujours mon centre de vie en Suisse. 

Je voyage pour revenir. J’ai toujours eu plaisir à changer d’air, mais je n’ai jamais eu envie de partir ailleurs pour y faire ma vie. 

Genève a longtemps été ma ville – j’ai toujours aimé m’en éloigner, j’ai toujours aimé y revenir.

Y a-t-il des thèmes qui reviennent dans votre oeuvre ? 

J’aime bien ne pas remettre les pieds dans les mêmes chaussures. Ça va du roman historique au polar… 

Les deux derniers publiés, par exemple, sont un roman noir très noir et une sorte de huis-clos psychologique en temps réel. Le prochain à paraître sera un western-spaghetti ayant pour cadre l’Asie centrale, qui court sur 1000 pages. Complètement autre chose, donc.

Ce qui m’ennuierait beaucoup, c’est d’avoir l’impression de réécrire la même histoire. Donc je vais chercher des rythmes, des ambiances, des thématiques différentes, pour moi-même, pour me mettre en danger aussi. 

Si vous pouviez remonter le temps et parler au jeune Michaël – celui qui n’a pas encore publié une dizaine de livres – qu’est-ce que vous lui diriez ?

Accroche-toi, mon garçon, va falloir ramer !

propos recueillis par Elodie Olson-Coons

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